Trompette, navire, canopée, l’itinéraire passionnant de Justine Schmitt
Aujourd’hui embauchée comme ingénieure en CDI au Commissariat à l'énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA) : découvrez le parcours d’une diplômée passionnée qui nous permet de réaliser que la mécanique est partout, même dans les sujets les plus inattendus !
Vous veniez de Metz, comment s'est passé le choix de Marseille ?
J'ai préparé le concours à Nancy. Quand les résultats sont tombés, je n’imaginais pas aller faire mes études à Marseille. Je ne regrette pas. Je m’y suis toujours sentie à ma place. J'ai eu la chance d'avoir une voiture et d'explorer les alentours pendant les week-ends. Le territoire, les paysages, la culture sont d’une richesse infinie. Après trois ans d'école, je ne me lasse pas de revenir. Et la météo change tout ! Ici, on ne manque pas de vitamine D.
Quels sont selon vous les atouts de Centrale Méditerranée ?
Centrale Méditerranée fait partie du Groupe des Écoles Centrale. Maintenant que j'ai un pied dans la vie active, je réalise que certaines écoles sont ciblées par les recruteurs et bénéficient d'une réputation d’excellence. Centrale Méditerranée est l’une d’elle.
J’ai entendu dans mon domaine « à Centrale vous êtes très bons en mécanique ». La qualité académique dispensée par les professeurs est reconnue.
Dans une école généraliste, nous abordons un grand nombre de disciplines. Cela ne fait pas de nous des experts mais nous pouvons ensuite approfondir les sujets. J’ai été amenée à parler avec des techniciens par exemple pour mettre en place des expériences, grâce aux notions apprises en classe nous avons pu nous comprendre. Nous parlons la même langue : celle qui permet de conduire des projets.
Une alternance recherche dès la première année, était-ce votre choix ?
Tout à fait avec l’Institut de Recherche sur les Phénomènes Hors Équilibre (IRPHÉ) spécialisé en mécanique des fluides. J'ai effectué cette alternance pendant un an et demi, juste avant de partir en stage à l'étranger. Mon sujet portait sur les écoulements turbulents à l'intérieur et au-dessus des canopées végétales. C'est un exemple à la croisée de l'expérimental et du théorique.
Je devais étudier les écoulements générés dans une énorme soufflerie, dans laquelle nous avions reproduit une maquette de forêt. Les turbulences, nous les abordons à l'école en connaissances générales et cette alternance m'a permis d'approfondir avec l'expérimental et toute la bibliographie.
J'ai découvert comment mettre au point une expérience, comment on la prépare, avec quelles livraisons de matériel, comment ajuster certains paramètres. Des aspects très techniques et concrets.
C’était satisfaisant de voir que mes propres résultats coïncidaient avec ceux de la littérature. Ma tutrice, l'enseignante-chercheuse Laurence Piétri, a été formidable. Elle m'a également permis de trouver un stage à l'étranger en deuxième année et je la remercie pour cela (merci).
Où êtes-vous allée lors de votre semestre à l'étranger ?
En Écosse ! J’ai opté pour un stage en laboratoire à l'étranger (SSE) en recherche & développement dans le département de mathématiques appliquées de l'université de Saint Andrews. Toujours dans la mécanique des fluides, mais cette fois avec des applications en météorologie. J’étudiais les interactions ondes-écoulement moyen dans les atmosphères planétaires.
De retour en France, j'ai aussi participé à un autre projet de mécanique des solides sur les trompettes, au Laboratoire d'Acoustique et de Mécanique (LMA), dans le cadre de la Chaire industrielle Nami Yamaha. Ce projet visait à mieux répondre aux attentes des musiciens et faciliter la conception de nouveaux instruments innovants.
Quels choix ont été déterminants dans votre parcours à l’école ?
L’alternance recherche, sans hésiter !
Elle m'a permis de conforter mes choix de m'orienter vers la recherche. En troisième année, le choix de la spécialisation est essentiel. J'étais vraiment heureuse d'aller en cours, c’est aussi ce qui m’a donné envie de m’impliquer davantage dans la vie de l’école comme déléguée de promotion. À Centrale, les enseignants sont à l'écoute, preneurs d'idées pour améliorer encore davantage les enseignements aux vues des besoins du marché. Par exemple, ils nous forment sur de nombreux logiciels plébiscités par les entreprises. Ils mettent constamment à jour les versions des outils, font venir les intervenants qui sont spécialisés pour qu’on soit à la pointe des dernières technologies. La formation est constamment actualisée.
Comment voyez-vous votre futur ?
J’aimerais rester dans la technique, j’ai encore tellement de choses à apprendre. Je l’ai vu pendant mon stage de fin d’étude dans l’acoustique sous-marine chez Naval Group où j’étudiais la prédiction de performances mécanoacoustiques de revêtements macro-inclusionnaires de navires.
Il y a tant de connaissances à acquérir. L'école ne peut pas nous former à tous les métiers, elle nous permet en revanche de développer un socle de compétences indispensables. C’est pourquoi j’aimerais être ingénieure chercheure pour continuer d’apprendre tous les jours. Je veux continuer à répondre à des problématiques pointues. J’ai toujours voulu contribuer à quelque chose de bénéfique pour la société et la recherche va m’ouvrir cette voie.
C’était une volonté de votre part de travailler dans un organisme de recherche publique comme le CEA ?
Oui, absolument. Nous avons beaucoup d'intervenants à Centrale qui viennent de différentes structures publiques ou privées et cela m'a aidée à arrêter mon choix de rencontrer ces professionnels engagés et passionnés.
Lors des sorties en entreprise en deuxième année, j'ai pu découvrir également de nombreux contextes. L’école nous accompagne et nous permet de construire notre parcours avec intelligence. Les valeurs et les engagements de l'entreprise ou de l'organisation, nous les observons et il faut qu'elles s'accordent avec les nôtres. Je me sens à ma place au CEA.
Si vous deviez résumer vos années ici avec un seul mot ?
Passionnantes !
La filière nucléaire se mobilise pour nos élèves
Notre engagement dans la filière nucléaire se poursuit. Le 4 février 2026, nous avons accueilli la deuxième édition de la cérémonie de remise de bourses de l'Université des Métiers du Nucléaire (UMN), organisée par la Fondation Centrale Méditerranée. Cinq élèves ont candidaté et tous ont été sélectionnés pour recevoir une bourse d'études de 2 500 € chacun. Cette reconnaissance témoigne de la qualité de la formation, des parcours et des profils présentés lors du jury de sélection.
Ce dispositif, piloté par l'UMN, financé par l'État et les industriels de la filière nucléaire française, vise à encourager les étudiants à rejoindre les métiers du nucléaire. Les critères de sélection allient mérite académique, motivation, mais également mixité et égalité des chances. Chaque lauréat est accompagné par un parrain ou une marraine, issu d'une entreprise partenaire.
Dans le cadre de la Semaine des Métiers du Nucléaire, qui se tient du 9 au 13 mars 2026, nous mettons en lumière les opportunités de carrière dans ce secteur stratégique et les parcours inspirants de ses élèves qui ont choisi de contribuer à l'innovation et à la recherche dans des institutions de premier plan de l’énergie bas carbone.