Des lycéennes "Dans la peau d'une ingénieure"
Un dispositif partenarial ancré dans le territoire
En France, les femmes représentent moins de 30 % des élèves ingénieurs, un chiffre qui n'évolue que lentement. Pour inverser la tendance, la Fondation EPF, en partenariat avec le groupe Vinci et le mouvement Elles bougent, ont lancé « Dans la peau d’une ingénieure ».
En 2025, 70 lycéennes avaient participé à une première édition, elles étaient 250 cette année dans 12 villes.
Dans la dynamique des transformations responsables et de sa politique en faveur de l’égalité, l’école et la Fondation Centrale Méditerranée ont déployé ce dispositif, afin d’agir de façon concrète et encourager les jeunes femmes à envisager des parcours scientifiques et les métiers d’ingénierie.
Cette première édition déployée sur le territoire marseillais a été organisée grâce à une mobilisation collective, associant, l’école, la Fondation, les services « relations entreprises » et « vie de l’élève », le Labo sociétal, les enseignants, les élèves ingénieurs. Ce projet, à l’initiative de Vinci Énergie, partenaire de longue date de l’école, a impulsé ce premier déploiement.
Le programme s’est articulé en deux temps :
- une semaine d’immersion sur notre campus, ponctuée d’un vendredi de clôture réunissant lycéennes, diplômées et représentants des entreprises partenaires,
- puis une semaine de stage au sein de dix entreprises de la région.
L’ingénieure de demain
Les lycéennes sont en classe de seconde, à un moment où les choix d’orientation commencent à se dessiner, souvent sous l’influence de l’entourage. Choisir les bonnes options maintenant leur permettra ensuite d’intégrer demain, les grandes écoles d’ingénieurs.
Marie Victoria Gillard
Responsable de la Fondation Centrale Méditerranée
L’enjeu est donc systémique : il ne s’agit pas de traiter les symptômes, mais d’agir en amont, pour permettre aux jeunes générations de femmes, des choix éclairés et élargir leur champ des possibles.
Mais savoir ne suffit pas. Il y a la connaissance, et puis il y a l’envie. Ce levier, le programme de l’école l’active par l’action et le jeu.
Les lycéennes ont réalisé un hologramme dans le laboratoire « ondes et signal » participé à une Fresque du Climat, exploré les nouveaux métiers de l’ingénierie à travers des ateliers et des jeux de rôles, visité le laboratoire de recherche M2P2 et participé à une conférence sur les impacts de l’intelligence artificielle.
Des expériences pensées pour relier les sciences aux enjeux sociétaux et susciter la curiosité.
Des femmes pour incarner les possibles
Observer des femmes exercer, encadrer, diriger, c’est déjà commencer à s’y voir à son tour. Esther Henry, diplômée en janvier 2025, est intervenue auprès des lycéennes. Employée dans l’industrie cosmétique sur le territoire d’Aix-en-Provence, elle a évoqué ses propres hésitations et les évolutions inattendues de son parcours.
« Nous devons agir de plus en plus tôt face aux stéréotypes de genre et aux biais cognitifs, pour permettre aux jeunes femmes de se projeter en tant qu’ingénieure et chercheuse. L’égalité femmes - hommes est une conviction qui guide chacune de nos décisions et actions.», explique Carole Deumié, Directrice de Centrale Méditerranée.
À la dernière rentrée, 32 % de nos étudiants étaient des femmes, un résultat supérieur à la moyenne nationale. Une avancée encourageante, mais insuffisante au regard de l’ambition porté par l’école.
Valérie Durbec
Référente égalité femmes - hommes
C’est en entendant des trajectoires qui leur ressemblent que les jeunes femmes parviennent à distinguer les possibles freins et préjugés que la société leur transmettrait. Elles arrivent ainsi à les dépasser avec plus de clairvoyance.
À l’échelle nationale, les résultats de l’édition 2025 sont éloquents : 80 % des participantes ont déclaré mieux se projeter dans les métiers scientifiques à l’issue de la semaine et 56 % sont reparties plus à l’aise avec l’idée de poursuivre des études dans cette voie. Des chiffres qui donnent du poids à ce dispositif d’accueil et de proximité.
L’objectif, pour la seconde édition en Région Sud, sera d’atteindre quinze participantes, avec un panel d’entreprises partenaires élargi. Le dispositif sera pensé pour être davantage accessible aux lycéennes de tous les territoires, y compris des quartiers prioritaires de Marseille.
« Ce lancement appelle bien d’autres initiatives. Nous avons encore beaucoup à construire, avec nos partenaires et au sein de l’école, pour que l’accès aux sciences soit encouragé durablement auprès des jeunes femmes. » conclut Marie Victoria Gillard.